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JULES LOISELEUR

(1816-1900)


Jules Loiseleur est né à Orléans le 4 octobre 1816. Il meurt le 4 mars  1900.

Au collège, il se fit remarquer de ses condisciples en écrivant des vers.

En 1840, il composa, peut-être avec la collaboration d'Émile Souvestre, un drame en un acte, Lénore, qui, en juillet, fut représenté au Gymnase. La pièce met en scène un épisode de la vie sentimentale du poète allemand Gottfried August Bürger à Göttingen. Elle a été publiée sous son nom aux éditions Tresse et Delloye. Gérard de Nerval y fait allusion dans un article. Baguenault de Puchesse estime que ce fut là un « péché de jeunesse ».

Puis il exerça la profession de notaire.

Engagé en politique dans le camp des conservateurs, il entra au conseil municipal en 1846. En 1853 il proposa l'organisation d'une loterie nationale pour financer l'installation, place du Martroi, de la statue équestre de Jeanne d'Arc par Foyatier. A cette occasion, il composa un drame lyrique en vers, une sorte de symphonie dialoguée, dont Louis Lacombe écrivit la musique.

Il vendit son étude pour se consacrer à la recherche historique.

À partir de 1856, il exerça la fonction de bibliothécaire à la Bibliothèque publique de la Ville d'Orléans ; il le resta pendant 40 ans (il fut, en cette qualité, nommé chevalier de la Légion d'honneur en 1898).

Il fut membre de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans (dont il occupa le poste de secrétaire général) et, en 1857, de la Société archéologique et historique de l'Orléanais.

En 1865, il perdit son fils unique âgé de 20 ans, et, en 1897, son épouse. Puis il fut atteint d'une maladie nerveuse qui agit sur son caractère : il fuyait le monde et vivait isolé.

Auteur de nombreux travaux, il collabora au journal Le Temps, à la Revue des questions historiques et à la Revue contemporaine.


Voir :
* Basseville, Décès de Jules Loiseleur, "Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais", t. XII, n° 168, p. 458-459.
* Baguenault de Puchesse, Jules Loiseleur, bibliothécaire de la ville d'Orléans, 1816-1900, dans "Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais", t. XIV, n° 181, 1905, p. 58-73.
* "Mémoires de la Société d'Agriculture, science, belles-lettres et arts d'Orléans", tome 38, n°1 : Obsèques de M. Jules Loiseleur, discours de M. Cuissard et de M. Guerrier (p. 27-33), de M. Charoy (p. 3-38).


SES PUBLICATIONS :

– Lénore, drame en un acte, représenté pour la première  fois sur le théâtre de Gymnase dramatique le 11 juillet 1840,  Ch. Tresses (1840)
– Châteaux historiques de la Loire : Chaumont-sur-Loire, A. Jacob (1858)
– Châteaux historiques de la Loire : Étude sur Gilles Berthelot, constructeur du château d'Azay-le-Rideau, et sur l'administration des finances à son époque ; introduction à l'histoire du château d'Azay, Ladevèze (1860)
– Châteaux historiques de la Loire : le Château de Gien, Pagnerre (1860)
– Résidences royales de la Loire : Chambord, quelques pages de son histoire, Pagnerre (1861)
– Les crimes et les peines dans l'Antiquité et dans les temps modernes, étude historique, Hachette (1863)
– Les Résidences royales de la Loire, Chambord, Blois, Chaumont, Chenonceau, Amboise, E. Dentu (1863)
– Notice sur des manuscrits inédits de Lavoisier et sur ses travaux dans l'assemblée provinciale de l'Orléanais tenue en 1787, E. Puget (1863, 1881, 1890)
– L'hymne de l'orphéon (1864), choeur à quatre voix d'hommes, poésie de Jules Loiseleur, musique de Frédéric Lottin, l'Union musicale.
– Lettres sur les inondations adressées à M. Pagnerre, ancien rédacteur en chef du « Journal du Loiret », Orléans, E. Puget (1866)
– Voltaire au château de Sully, d'après des documents inédits (1866)
– Le Masque de fer devant la critique moderne, Bureaux de la « Revue contemporaine » (1867)
– Problèmes historiques : Mazarin a-t-il épousé Anne d'Autriche? Gabrielle d'Estrées est-elle morte empoisonnée ?, Hachette (1867)
– Monographie du château de Sully, Herluison (1868)
– Compte des dépenses faites par Charles VII pour secourir Orléans pendant le siège de 1428, précédé d'études sur l'administration des finances, le recrutement  et le pied de solde des troupes à cette époque, H. Herluison (1868)
– L'Administration des finances dans les premières années du règne de Charles VII,  mémoire servant d'introduction au Compte des dépenses faites par ce prince pour  secourir Orléans pendant le siège de 1428, Impr. impériale (1869)
– Le château du Hallier, Herluison (1869)
– Un dernier mot sur le Masque de fer, Bureaux de la « Revue contemporaine » (1870)
– La doctrine secrète des Templiers, étude suivie du texte inédit de l'enquête contre  les Templiers de Toscane et de la chronologie des documents relatifs à la  suppression du Temple, Herluison (1872). Publié dans « Mémoires de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais », t. XII, 1873, p. 1-228.
– La Légende du chevalier d'Assas, Palmé (1872)
– La Mort de Gabrielle d'Estrées, d'après une relation contemporaine inédite [de  Jehan de Vernhyes], V. Palmé (1872)
– Les Archives de l'Académie d'Orléans : histoire de son passé et conditions de son  avenir. Rapport sur ce mémoire et sur les propositions  qu'il contient, par M. Anatole Bailly (1872)
– Desfriches, sa vie et ses œuvres, étude lue dans la séance de la « Société des  Amis des Arts » du 11 mars 1873, Herluison (1873)
– Les Jours égyptiens, leurs variations dans les calendriers du moyen-âge, Dumoulin (1873) ; publié dans  « Mémoires de la Société nationale des Antiquaires de France », 1872, tome 33, p. 198-253 (1872)
– Questions historiques du XVIIe siècle : Ravaillac et ses complices ; L'Évasion d'une reine de France ; La Mort de Gabrielle d'Estrées ; Mazarin et le duc de Guise, Didier (1873)
– L'expédition du duc de Guise à Naples : lettres et instructions diplomatiques de la  cour de France (1647-1648), documents inédits publiés avec une introduction et  des notes par MM. J. Loiseleur et G. Baguenault de Puchesse, Didier  (1875)
– Anthologie d'Horace, précédée d'observations sur la façon dont il convient de  traduire aujourd'hui les poètes, H. Herluison  (1875-1879)
– La Mort du second prince de Condé, G. Baillière (1876)
– Les points obscurs de la vie de Molière : les années d'étude, les années de lutte et  de vie nomade, I. Liseux (1877)
– Les Nouvelles controverses sur la Saint-Barthélemy, Germer Baillière (1881)
– Trois énigmes historiques : La Saint-Barthélemy ; l'Affaire des poisons et Madame  de Montespan ; le Masque de fer devant la critique moderne, E. Plon (1882)
– Les Larcins de M. Libri à la bibliothèque publique d'Orléans, H. Herluison (1884)
– L'Université d'Orléans pendant sa période de décadence, d'après des documents  récemment découverts, H. Herluison (1886)
– Molière : nouvelles controverses sur sa vie et sa famille, H. Herluison  (1886)
– Les Privilèges de l'Université de lois d'Orléans, à propos d'un document inédit du  XVe siècle, étude lue, le 28 avril 1886, au Congrès des  Sociétés savantes tenu à la Sorbonne, H. Herluison (1887)
– Les Bibliothèques communales, historique de leur formation, examen des droits respectifs de l'État et des villes sur ces collections, H. Herluison (1891)
– Eugène Bimbenet, liste de ses écrits, coup d'oeil sommaire sur leur caractère  général, H. Herluison (1892)
– La Jeanne d'Arc de Foyatier : histoire du monument, procès qu'il suscita, drame  lyrique composé pour son inauguration, et lettres de Louis Lacombe sur ce drame, H. Herluison (1892)


Deux extraits de sa traduction des Odes Horace :

ODE AD AMPHORAM

O nata mecum consule Manlio,
seu tu querellas siue geris iocos
seu rixam et insanos amores
seu facilem, pia testa, somnum,
 
quocumque lectum nomine Massicum
seruas, moueri digna bono die,
descende, Coruino iubente
promere languidiora uina.
 
Non ille, quamquam Socraticis madet
sermonibus, te negleget horridus:
narratur et prisci Catonis
saepe mero caluisse uirtus.

Amphore respectable et née ainsi que moi
Sous Manlius consul, que tu portes des larmes
Ou des ris, la dispute et les amours sans foi,
Ou le sommeil exempt d'alarme,

Tu n'en contiens pas moins un Massipe de choix ;
Viens, digne de fêter une journée heureuse,
Corvinus l'ordonnant, viens verser à sa voix
La liqueur vieille et généreuse.

Les leçons de Socrate en vain glacent son cœur ;
Morose, il n'ira point t'éloigner de sa bouche :
Le vin, dit-on, souvent de Caton le censeur
Réchauffa la vertu farouche.

   

ROMULUS DIIS ADSCRIPTUS

Iustum et tenacem propositi uirum
non ciuium ardor praua iubentium,
non uoltus instantis tyranni
mente quatit solida neque Auster,
 
dux inquieti turbidus Hadriae,
nec fulminantis magna manus Iouis:
si fractus inlabatur orbis,
inpauidum ferient ruinae.

Le juste, en ses desseins immuable et tenace,
Rien ne peut l'ébranler, dans son âme de fer,
Ni le peuple, ordonnant le mal avec menace,
Ni le front courroucé d'un tyran, ni l'auster,

Ce maître impétueux de l'âpre Adriatique,
Ni Jupiter, la main prête à le foudroyer :
Si le globe brisé croulait sur ce stoïque,
Ses débris le broyeraient, sans pouvoir l'effrayer.


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