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NICOLAS AUDEBERT

(1556-1574)


Nicolas Audebert, né en 1556, était le second fils de Germain Audebert. Quand il eut 18 ans, son père l'incita à aller à son tour en Italie. Il partit le 2 octobre 1574. 

Pour ce voyage, Nicolas Audebert a bien sûr profité des relations de son père. Nous avons conservé une partie de la correspondance qui a été échangée à cette occasion. Elle met bien en lumière ces multiples réseaux entre la France et l'Italie, réseaux qui étaient fondés sur l'amitié et sur une culture commune où la poésie néo-latine tenait une place non négligeable. 

Donc, par l'entremise de l'humaniste orléanais Pierre Daniel, Germain Audebert a pris contact avec un avocat au Parlement de Paris, Claude du Puy, qui revenait tout juste d'Italie ; celui-ci a aussitôt écrit à plusieurs de ses amis italiens, pour leur demander de faire bon accueil au jeune Orléanais, qu'il présentait comme "un jeune homme de gentil esprit et de fort grande espérance". 

On connaît bien comment s'est déroulé le séjour de Nicolas Audebert en Italie. En effet, comme c'était la coutume à l'époque — et comme le fera Montaigne en 1580 — Nicolas Audebert a tenu un journal de voyage, dont le manuscrit se trouve au Britich Museum et qui a été publié par un éditeur romain en 1981. 

On y voit que, parti d'Orléans le samedi 2 octobre 1574, Audebert fils était à Bologne un mois plus tard. Là il trouva à se loger chez un certain Francesco Della Rota, dans un logement qu'il dit « fort éloigné de la place et des écoles, mais fort retiré du bruit, et dans un quartier bien habité de la noblesse et estimé le plus sain de la ville, à cause qu'il est le plus éloigné de la montagne alors que, au contraire, les lieux qui en sont proches sont fort malsains et dangereux, y ayant l'hiver tout le jour grosse et épaisse brouée [brouillard], qui cause de grandes douleurs de tête ».  

A l'Université de Bologne, qui comptait alors près de trente professeurs, Nicolas Audebert a choisi de suivre non pas des cours de droit, mais plutôt des cours de lettres, surtout ceux de Carlo Sigonio pour les humanités et ceux de Pompilio Amaseo pour le grec. 

Après huit mois d'études, Nicolas Audebert est parti pour une découverte de l'Italie. Pendant quatre ans, 35 ans après son père, il a visité Padoue, Venise, Florence, Rome, Naples, Capoue et est revenu à Bologne par Ravenne.

Il a profité de ce voyage pour nouer des relations avec des gens cultivés et amateurs de belles-lettres. Par exemple, en septembre 1576, il est allé trouver le vieux Piero Vettori dans sa maison de campagne près de Florence, visite qui a été suivie d'un échange de lettres en latin. Nicolas Audebert était d'autant plus facilement introduit dans ce milieu qu'il avait apporté des échantillons des poèmes latins que son père préparait sur les grandes villes italiennes, sur Venise en particulier. Il s'agissait de faire la promotion de ces poèmes, et aussi de s'attirer la bienveillance de quelques Italiens influents en sollicitant leur avis et même en leur demandant de suggérer des corrections et des additions. 

Le séjour de Nicolas en Italie n'a duré que trois ans et demi, peut-être moins longtemps que prévu. En effet, dans une élégie latine, Germain Audebert demance à son fils de revenir à Orléans sans trop tarder pour s'occuper de son vieux père, très atteint par la vieillesse (Germani Audeberti Aurelii ad Nicolaum filium ut eum ab Italia reuocaret Eligidion).

Le voyage de retour de Nicolas jusqu'à Orléans a duré deux mois, preuve qu'il n'était pas trop inquiet de la santé de son père. Il est allé ensuite passer sa licence à Bourges, sous Cujas, puis il  s'est s'installé à Orléans où, en 1579, il a plaidé sa première cause au siège présidial. En 1582, à l'âge de 26 ans, il est devenu conseiller au Parlement de Bretagne. 

Quand il apprit que son père était gravement malade, il accourut à Orléans. Il mourut cinq jours après lui, le 16 décembre 1598. Il avait 42 ans.

Comme son père, il avait composé quelques textes en vers latins, en particulier en l'honneur des poèmes de son père.

A été publié en 1656 Le Voyage et observations de plusieurs choses diverses qui se peuvent remarquer en Italie, tant de ce qui est naturel aux hommes et au pays, comme des coutumes et façons, soit pour le général ou particulier, et des choses qui y sont rares, enrichi de figures, par le sieur Audebert, conseiller du Roy au Parlement de Bretagne.


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