Jeudi 12 février 2026 à 20 h 30
Les Femmes savantes de Molière
au Théâtre du Rond-Point
comédie mise en scène par Emma Dante
Emma Dante, née en 1967 à Palerme, est comédienne, dramaturge, metteuse en scène de théâtre et d'opéra. À partir de 1980, elle a décidé de chercher à faire sortir le théâtre de la tradition, de demander aux comédiens de se laisser totalement aller. Elle veut utiliser le théâtre pour dénoncer certains maux de la société, comme l'oppression des femmes.

À l'opéra, elle a mis en scène : Carmen de Bizet à la Scala de Milan (2009), La Muette de Portici de Auber à l'Opéra-Comique (2012), La Cenerentola de Rossini au Théâtre de l'Opéra de Rome (2016), Macbeth de Verdi au Théâtre Massimo de Palerme (2017).
Elle a présenté des pièces en italien ou en sicilien au Festival d'Avignon en 2014 (Le sorelle Macaluso), en 2017 (Bestie di scena) et en 2020 (Misericordia).
Au théâtre du Rond-Pont elle a donné : en 2006 Mishelle di Sant'Oliva, en 2008 Le Pulle, en 2011 La Trilogia degli occhiali, en 2014 Le Sorelle Macaluso, en 2017 Bestie di scena, en 2023 Misericordia.
Pour 2026, la Comédie-Française a invité Emma Dante au Théâtre du Rond-Point pour revisiter Molière.


La metteuse en scène palermitaine, artiste phare de la scène européenne, signe sa première collaboration avec la Comédie-Française et son premier Molière… Son théâtre polysémique, où priment le corps, le rythme et la dimension sociale, puise depuis près de trente ans dans les fables une poésie entre dérisoire, sublime et outrance burlesque.
Dans Les Femmes savantes, Molière raconte une famille qui se déchire, au nom de la tradition pour les uns, du bel esprit pour les autres, éprises de poésie, de philosophie et de science. "Il n'y a pas de perdants dans l'histoire de cette communauté atypique, précise la metteuse en scène, il y a la vie des femmes, toujours en lutte pour leurs droits, et la présence des hommes, amoureux mais immatures." C'est la tableau d'une société alliant comique et pathétique.
Anthony Palou (dans Le Figaro du 16 janvier) Rarement une pièce commence d'une façon aussi calamiteuse. Mais il faut sans doute interpréter ce début laborieux comme une sorte de purgatoire avant la venue de la colombe. |
Vincent Bouquet : "Avec Les Femmes savantes, Emma Dante signe sa première adaptation du répertoire français. L'esthétique baroque du spectacle est très séduisante, mais elle empêche une lecture suffisamment claire de la pièce. Emma Dante affirme que ce spectacle est féministe ; cependant, même si les femmes savantes occupent une position dominante par rapport à la gent masculine, elles sont décrites tout au long du texte comme folles, et le culte qu'elles vouent au personnage de Trissotin les rend ridicules. À mon sens, Dante ne propose pas une lecture suffisamment aboutie du texte de Molière. Lorsque celui-ci se déploie sans les artifices de la musique ou de la scénographie, il tombe à plat, faute d'avoir été suffisamment creusé, ce qui est encore accentué par des acteurs qui semblent eux aussi livrés à eux-mêmes. " |
Victor Inisan : "Le spectacle est très lisible et l'ensemble des idées d'adaptation et de modernisation de la pièce le rend à la fois pédagogique et tiède. Il a l'élégance de préserver la duplicité inhérente aux Femmes savantes mais, à force de se complaire dans cette élégance, aucun propos radical ne s'en dégage. La présence étonnante d'un ordinateur portable, visible tout au long de la pièce et utilisé comme une encyclopédie du savoir de toutes les époques, permet de justifier l'usage de musiques contemporaines. Il devient ainsi la preuve que le savoir est une arme à double tranchant, oscillant entre révolution et aliénation. En hommage à l'esthétique baroque du spectacle, la scénographie et les costumes sont très impressionnants et reflètent tout autant son aspect kitsch que sophistiqué." |