<== Retour


Chloé MORILLE

PENSER L'HUMAIN EN REGARDANT LES ARTS PRÉHISTORIQUES

Mardi 17 février 2026 à 18 h. à l'auditorium de la Médiathèque


Chloé Morille est maîtresse de conférences en littérature du XXe siècle à l'Université d'Orléans et membre du laboratoire POLEN. Ses recherches touchent à la littérature comparée, aux liens entre arts et littérature et à la représentation littéraire (et artistique) de la Préhistoire.

Si l'on considère l'art pariétal et mobilier européen, on constate aisément que ce n'est pas la figure humaine qui a sollicité l'interrogation plastique des sociétés de chasseurs-cueilleurs du Paléolithique récent. Alors que voit-on lorsqu'on regarde attentivement les images que ces hommes lointains nous ont laissées ? On observe principalement de mystérieux signes plutôt que des tracés figuratifs. Puis, lorsque nous distinguons des formes réalistes, il faut admettre que les animaux occupent majoritairement le devant de la scène, au détriment des représentations humaines. Enfin, lorsque l'homme se devine, il s'agit bien plus souvent de femmes.
Dans cette conférence nous irons à la rencontre d'images préhistoriques intrigantes dont l'humanité nous émeut tout en nous déconcertant profondément.


On pourra lire :
Chloé Morille, « Le récit de grotte ornée : une "hétérochronie" contemporaine », dans Fabula / Les colloques, L'art, machine à voyager dans le temps (dir. Frédérique Toudoire-Surlapierre, Augustin Voegele), URL : http://www.fabula.org/colloques/document4706.php

« Georges Bataille [qui fut bibliothécaire à Orléans de 1951 à 1961] est l'un des premiers écrivains à avoir manifesté de l'intérêt pour l'art pariétal, avec son essai Lascaux ou La Naissance de l'art (1955) […] [On peut parler de] compensation de notre monde anthropocentré par les images de Lascaux, de Chauvet et de bien d'autres grottes, images que l'on doit à l'homme, mais qui font la part belle à la figuration animale. Les écrivains ne s'y sont pas trompés et retrouvent dans le bestiaire paléolithique une autre sensibilité au monde, où la représentation animale prédomine sans conteste sur celle de l'homme. »


<== Retour