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LIRÉ

et Du Bellay

(Maine-et-Loire)

Fiches de géographie littéraire

 

Le château de la Turmelière, près de Liré, est entré dans la famille de Du Bellay par le mariage du père du poète. Il est bâti à mi-côte entre le plateau et le ruisseau du Douet-du-Loup :

Le clair ruisselet courant
Murmurant
Auprès de l'hospitale ombre
Plaist à ceux qui sont lassez
Et pressez
De chaud, de soif et d'encombre.

Le château a été incendié par les Bleus en 1793. Près des ruines a été élevé, en 1887, un château de style Louis XIII copié sur celui de Beaumesnil (Eure).

Liré château
Liré château

Le Musée est installé dans une maison du XVe siècle qui appartint à la famille Du Bellay, qui la louait à une famille de drapiers, les Radiguet.

Liré musée
Liré musée

Salle d’accueil (la famille Du Bellay)

La branche cadette, sous François Ier, c’est la branche glorieuse, celle des seigneurs de Langey, avec

  • deux diplomates : Guillaume Du Bellay (1491-1543), qui fut gouverneur du Piémont, et Jean Du Bellay (1492-1560), le cardinal-évêque de Paris ;
  • un capitaine, Martin Du Bellay (1495-1559), chevalier de l’ordre de Saint-Michel ;
  • un prélat, René († 1546), qui fut évêque du Mans.

La branche aînée, c’est Eustache Du Bellay, chambellan du roi René d’Anjou, et c’est son fils Jean Du Bellay, comte de Gonnor (près d’Angers), qui épousa en 1504 Renée Chabot, qui lui apporta la terre de la Turmelière à Liré et lui donna deux fils : René, né en 1508, et Joachim, né vers 1522.

Salle n°1 (la période 1522-1549 : Liré, Poitiers, Paris)

Joachim Du Bellay est né à Liré dans le petit manoir rustique de la Turmelière.

Il perd ses parents entre 1523 et 1531, et a pour tuteur son frère aîné René, un garçon prodigue et désinvolte, qui néglige son éducation et le laisse passer une jeunesse oisive dans le château, entre nature et lectures.

L’espoir du jeune homme est dans son cousin Jean, le cardinal, qui pourrait le prendre comme secrétaire et lui faire obtenir des bénéfices ecclésiastiques. Pour s’y préparer, il reçoit la tonsure et, en 1546, il va faire de rapides études de droit à Poitiers. C’est là qu’il est initié à la poésie par Marc-Antoine Muret et Salmon Macrin. C’est là qu’il rencontre Jacques Peletier du Mans et Pierre de Ronsard.

L’année suivante, il se retrouve à Paris, interne au collège de Coqueret. Jean Dorat, qui vient d’être nommé principal, lui fait étudier les littératures grecque, latine et italienne. Et Du Bellay se fait bientôt le porte-parole de ses condisciples en publiant la Défense et illustration de la langue française (signée IDBA). Ainsi commence l’aventure de la Pléiade.

Salle n°2 (la période 1549-1553 : entre Paris et l’Anjou)

En l’espace de quatre années, Du Bellay, malgré sa santé médiocre (tuberculose pulmonaire), publie une partie de son abondante production poétique, dont le recueil de sonnets l’Olive, qui célèbre la femme aimée dans le style pétrarquiste. Bien sûr cette Olive est une création purement littéraire et le nom de la femme a été choisi pour ses vertus poétiques, même si Du Bellay a pu songer à telle de ses cousines angevines qui portaient ce nom, en particulier Olive de Sévigné, qui vivait au château du Lavoir (un peu en aval d’Angers, près de Chalonnes-sur-Loire).

Toutefois, les subtilités des allusions mythologiques, l’ambition sacrée du poète ne sont pas du goût de tous et Du Bellay, sensible aux critiques, termine par un Adieu aux Muses et aux "inutiles chansons" qui lui ont fait perdre ses "jeunes ans".

Salle n°3 (la période 1553-1557 : à Rome, dans le palais de Jean Du Bellay)

Alors Joachim fait appel à son cousin le cardinal, sur qui, à Rome repose « le pesant faix des affaires françoises ». Jean Du Bellay s’occupe de lui faire attribuer de confortables revenus ecclésiastiques et, surtout, il l’emmène avec lui à Rome où il le charge d’une sorte de surintendance de sa nombreuse maisonnée.

Pendant son séjour, il découvre les restes de la Rome antique, mais aussi les vices de la Rome des papes. Malgré une liaison, vers la fin de son séjour, avec une complaisante Faustine, il ressent la nostalgie du pays natal : «Quand reverrai-je, hélas, de mon petit village / fumer la cheminée, et en quelle saison / reverrai-je le clos de ma pauvre maison…». Le cardinal lui donne alors son congé.

Salle n°4 (la période 1558-1559 : à Paris, au cloître Notre-Dame)

Revenu à Paris à la fin de 1557, il s’installe, comme chanoine de la cathédrale, dans une maison du cloître Notre- Dame. Il a désormais le titre honorifique de protonotaire du Saint-Siège et dispose de 3 000 livres de bénéfices. Il peut donc continuer son oeuvre poétique.

En 1558, il publie les Regrets (et il doit apaiser la colère de Jean Du Bellay, qui est resté à Rome), les Jeux rustiques, les Antiquités de Rome et des Poemata.

En 1559, devenu totalement sourd, il continue à écrire des poèmes. La mort accidentelle d’Henri II, le départ de Madame Marguerite sa protectrice (qui vient d’épouser le duc de Savoie) l’affectent beaucoup.

Il meurt dans sa maison du cloître Notre-Dame le 1er janvier 1560 et est enterré dans la cathédrale (son tombeau a disparu au milieu du XVIIIe siècle).