Le château du Pont a appartenu à Eugène Brieux (1858-1932), auteur de pièces à thèse, de comédies sociales dans la tradition de Dumas fils et d'Augier, ou, selon le mot de Jacques Copeau, de "mélodrames d'idées".
Fils d’un artisan ébéniste, Eugène Brieux passa son enfance dans le quartier parisien du Faubourg du Temple. Employé de commerce pour gagner sa vie, il se passionna très vite pour les lettres et le théâtre, et entama une carrière de journaliste, d’abord dans la presse régionale normande, puis à La Patrie, au Gaulois et au Figaro.
Après une première pièce, Ménage d’artistes (1890), passée relativement inaperçue, il connut le succès avec Blanchette (1892).
Ayant reçu le soutien d’Antoine, il put voir plusieurs de ses pièces interprétées par la troupe de ce dernier.
Dans son répertoire voué essentiellement à la comédie, on peut citer notamment L’Engrenage (1894), L'Évasion (1896), Les Trois filles de M. Dupont (1897), La Robe rouge (1900), Les Avariés (1901), La Femme seule (1912).
Cette œuvre, servie par un véritable savoir-faire, a su toucher un large public populaire. Elle témoigne de ses idées sociales et de son souci généreux de défendre et de donner voix aux faibles et aux opprimés.
Eugène Brieux a été élu à l’Académie française le 18 mars 1909.
Un exemple… La Robe rouge, drame en 4 actes, créé au théâtre du Vaudeville en 1900.
Vagret, simple procureur de la République à Mauléon, brûle de conquérir la "robe rouge" de conseiller à la Cour. Pour plaire à ses supérieurs, il prononce des réquisitoires impitoyables. Mais le juge d'instruction Mouzon, cynique et débauché, en tout cas plus malin que lui, réussit à se faire nommer à ce poste avec l'appui d'un député. Il envoie en cour d'assises l'innocent Etchepare. Vagret, pris de doutes, intervient au dernier moment auprès des jurés. Mais Etchepare est ruiné et connaît désormais la faute passée de sa femme Yaneta. Celle-ci tue Mouzon à la fin de la pièce.





