Son roman Les Amours du chevalier de Faublas (800 pages dans l’édition de la Pléiade) est un tableau assez vivant de la vie élégante et voluptueuse au XVIIIe siècle. L’intrigue est complexe, unissant une sensibilité à la Rousseau au romanesque érotique dans le genre de Laclos. Il a inspiré plusieurs œuvres lyriques dont un Lodoïska de Chérubini.
En 1789, Louvet s'était installé à Nemours, où il vécut maritalement avec une jeune femme, Marguerite Cholet, née Denuelle, qui avait quitté son mari, un joaillier du Palais-Royal. Il l’appella «Lodoïska» (c'est le nom de l'héroïne polonaise de son roman).
À la Révolution, séduit par les idées nouvelles, il revint à Paris. En septembre 1792, il fut élu député du Loiret à la Convention, ce qui lui permit de faire profession de déisme et d’idées républicaines. Il fit en particulier une déclaration remarquée à la tribune de l’Assemblée, dans laquelle il en appelait au peuple contre les princes. Il commença aussi à rédiger un placard bi-hebdomadaire, La Sentinelle, résolument hostile aux Montagnards.
Par ses violentes attaques contre Danton, Marat et Robespierre, il contribua malgé lui à la chute des Girondins, ce qui, en 1793, l’obligea à quitter Paris pour la Normandie.
En août 1793, à Vire, il épousa enfin sa « Lodoïska », qui avait pu divorcer l’année précédente. En février 1794, le couple rejoignit la Suisse et s'installa près d'Echallens, dans le canton de Vaud, où, le 22 septembre, Lodoïska accoucha d'un fils, Félix Louvet.
La chute de Robespierre lui permit de revenir à Paris et, grâce à Marie-Joseph Chénier, d’être réintégré à la Convention. Il présida alors l’Assemblée et entra au Comité de Salut Public. Comme ni ses fonctions, ni ses romans, ni sa qualité de membre de l’Institut ne purent lui procurer l’aisance, pour vivre, il ouvrit une librairie au Palais-Royal.
Le Directoire venait de le nommer consul à Palerme, quand, tuberculeux, il sentit la mort venir. Il aurait dit alors: "Grâce à Dieu, je finis avant la République". Il mourut le 25 août 1797.