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LA HAYE,
patrie de Descartes
(Indre-et-Loire)
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GÉNÉALOGIE DE DESCARTES
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Gilles Descartes
échevin de Tours
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Jehan Ferrand
médecin à Châtellerault
épouse
Louise Rasseteau
de Châtellerault
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ils ont 5 filles et 5 garçons
(l’aîné, médecin, eut comme client Catherine de Médicis, Charles IX, Henri III, ce qui lui valut des lettres d’anoblissement);
parmi les filles |
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Pierre Descartes
“écuyer”
médecin à Châtellerault
“après avoir utilement servi contre les ennemis de la religion de son pays, avait quitté le service d’assez bonne heure pour goûter les fruits du repos qu’il s’était procuré” (Baillet)
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< épouse >
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Claude Ferrand
“soeur d’Antoine Ferrand, premier lieutenant particulier au Châtelet de Paris, et de Michel Ferrand, qui fut père de M. Ferrand, doyen du Parlement” (Baillet) |
René Brochard
sieur de la Coussaye
épouse
Jeanne Sain
(d’une vieille famille Châtelleraudaise,
elle habite à La Haye dans une maison qui lui vient de son mari)
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Un fils unique
Joachim Descartes
(né à Châtellerault en 1563; élevé dans la maison des Rasseteau et des Ferrand au Carroy-Bernard; avocat au Parlement de Paris; nommé en 1585 conseiller au Parlement de Rennes)
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< épouse >
(contrat du 15 janvier 1589)
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Jeanne Brochard
"fille du lieutenant général de Poitiers"
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Pierre I
né en 1589
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Jeanne née en 1590
épouse
Rogier du Crévis |
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Pierre II né en 1591
sieur de la Bretaillère |
RENÉ DESCARTES
sieur du Perron
né en 1596 |
un enfant qui lui coûte la vie (1597) |
- René Descartes est le fils de Joachim Descartes (avocat) et le petit-fils de Pierre Descartes (médecin); tous deux étaient de Châtellerault; mais son grand-père, Gilles Descartes, était échevin à Tours.
- Sa grand-mère paternelle, Claude Ferrand, était la fille d’un médecin de Châtellerault.
- Sa grand-mère maternelle, Jeanne Sain, descendait elle aussi d’une vieille famille de Châtellerault, mais elle vivait à La Haye dans une maison de son mari René Brochard.

RENÉ DESCARTES POITEVIN OU TOURANGEAU ?
La bataille a fait rage, dès le XVIIIe siècle et surtout au XIXe, entre les érudits poitevins et les érudits tourangeaux pour savoir si Descartes était né en Poitou (au sud de la Creuse) ou en Touraine (sur la rive nord de la rivière).
- Selon la Société poitevine, Descartes était indiscutablement un homme du Poitou. Non seulement ses ancêtres sont des gens de Châtellerault, mais, bien plus, son premier biographe, le médecin Borel , qui écrit treize ans seulement après la mort du philosophe, le fait naître précisément à Châtellerault.
- Pas du tout, répond la Société de Tours. Tous les enfants de Joachim Descartes et de Jeanne Brochard sont nés chez leur grand-mère à La Haye. D’ailleurs le biographe le plus sérieux, Adrien Baillet, écrit : “Descartes naquit à La Haye en Touraine sur la rivière de Creuse, le 31ème jour de mars 1596 et il reçut la baptême le 3ème jour d’avril suivant dans l’église paroissiale de Saint-Georges de La Haye et on lui fit porter le surnom de Du Perron, qui était un fief de la maison, pour être distingué de son aîné dans la famille.” Et l’on brandit l’acte de baptême établi par le curé de La Haye.
- Prenons donc l’avis de l’intéressé lui-même, dirent les deux Sociétés savantes !
- J’ai gagné, dit la Société poitevine : Descartes lui-même se disait souvent “Picto”, c’est-à-dire “poitevin” et cette qualification est reprise dans le Journal de son ami le médecin hollandais Beekman…; d’ailleurs ses amis, aux armées ou à l’étranger, l’appelaient souvent “René le Poitevin”… Sur le registre de l’Université de Poitiers (où il passe sa licence), il fait suivre son nom de la mention “Picto”. Et puis son inscription funèbre au cimetière de Stockholm dit bien : “René Descartes, né en Gaule d’une antique et noble famille, entre les Pictons et les Armoricians”. Et puis Descartes n’a jamais fait allusion à une naissance à la Haye, alors même qu’il séjournait à La Haye en Hollande et que le rapprochement aurait pu donner lieu, dans la correspondance par exemple, à quelque fine allusion.
- Mais non, répond la Société de Tours; voyez cette lettre à Chanut où Descartes se dit “né dans les jardins de Touraine”, c’est la preuve qu’il est bien né à La Haye. D’ailleurs une médaille frappée en Hollande quelque mois après sa mort le fait naître à la Haye (allez donc voir à la Bibliothèque nationale au Cabinet des Médailles !)
- Pas du tout, répond la Société poitevine : le même Chanut continua d’appeler Descartes “poitevin” lorsque, après la mort du philosophe en Suède, il lui fit élever un monument; c’est donc qu’il savait que Descartes n’était pas né dans la ville où il avait été baptisé.

Alors : Descartes est-il né à Châtellerault en Poitou ou à La Haye en Touraine ? La vérité, c’est qu’il est peut-être né… entre les deux !
Essayons d’établir les faits (en nous fondant, il faut le dire, moins sur des documents irréfutables que sur une tradition orale recueillie seulement au XIXe siècle).
En 1596, Mme Joachim Descartes séjourne à Rennes auprès de son mari (qui est conseiller au Parlement de Bretagne). Enceinte pour la quatrième fois, elle revient à Châtellerault, à la maison familiale du Carroy-Bernard. Puis, le terme approchant, elle décide, selon son habitude, d’aller accoucher à La Haye où habitaient sa grand-mère maternelle et sa mère. C’est là qu’elle avait déjà mis au monde ses premiers enfants: Pierre I (né et mort en 1589), Pierre II (né en 1591), Jeanne (née en 1592). C’est là qu’en 1597 elle devait revenir pour accoucher de l’enfant qui lui coûta la vie.
Le 31 mars 1596, donc, elle quitte Châtellerault pour se rendre à La Haye, en passant par le chemin du coteau. Mais les douleurs le prenant plus tôt que prévu, elle doit s’arrêter et accoucher dans un pré près d’Ingrandes (qu’on appelle “le pré Falot”). Dès que l’enfant est né, elle est transportée dans la maison la plus proche, qui s’appelle la Sibyllière et qui appartenait à des amis, les Bonenfant.
L’enfant est donc né en terre poitevine, au sud de la Creuse qui est la frontière.
Remise des fatigues de l’accouchement, Jeanne Brochard continua son chemin jusqu’à La Haye, de l’autre côté de la Creuse (donc en Touraine). C’est là que l’on baptisa l’enfant en l’église Saint-Georges, comme l’atteste l’acte de baptême rédigé par l’abbé Grisont.
Baillet : “Il reçut le baptême le troisième jour d’avril suivant, dans l’église paroissiale de Saint-Georges-de-La-Haye; et on lui fit porter le surnom du Perron, qui était un fief à la maison, pour être distingué de son aîné dans sa famille. Les couches de sa mère, qui avaient été assez heureuses pour lui, furent suivies d’une maladie qui l’empêcha de relever. Elle avait été travaillée dès le temps de sa grossesse d’un mal de poumon, qui lui avait été causé par quelques déplaisirs qu’on ne nous a point expliqués. Les soins du père purent bien garantir l’enfant des inconvénients que l’on devait craindre de la privation de la mère; mais ils ne purent le sauver des infirmités qui accompagnèrent la mauvaise santé qu’il avait apportée en venant au monde. Il avait hérité de sa mère une toux sèche et une couleur pâle qu’il garda jusqu’à l’âge de plus de vingt ans; et tous les médecins, qui le voyaient avant ce temps là, le condamnaient à mourir jeune. […] La faiblesse de sa complexion et l’inconstance de sa santé obligèrent à le laisser longtemps sous la conduite des femmes.” (p. 5 sq)

C’est parce qu’il était né (peut-être) en terre poitevine, et qu’il avait été baptisé trois jours plus tard en terre tourangelle, que Descartes devait être âprement disputé entre les deux provinces. Et de fait, les villes de Châtellerault, de Poitiers, de La Haye et de Tours se battirent bien.
- Après qu’en 1793 on eut décidé la translation des restes de Descartes au Panthéon, la vieille baronnie féodale de La Haye obtint en 1802 le droit de s’appeler La Haye-Descartes. Paris lui envoya à cette occasion un buste en plâtre qui, le 10 vendémiaire an XI, fut posé en grande pompe sur la maison des Brochard (en fait le buste en question est plutôt un buste du romancier Marmontel, mort en 1799). Le préfet, le général Pommereul, fit à cette occasion un discours un peu ridicule, dont voici un échantillon : “Descartes, dit-il, fut un homme sensible… La preuve en est qu’il eut deux enfants naturels ! ”.
- La ville de Tours ne se tint pas pour battue. En 1840, elle voulut sa statue du grand homme. La Société archéologique de Touraine poussa l’intrigue jusqu’à fabriquer un faux acte de baptême de Descartes, mêlant des éléments de l’acte authentique et des éléments de l’acte du fils aîné, supercherie qui fut dénoncée seulement trente ans après.
- En 1854, les gens de Châtellerault contre-attaquent. Ils se réclament d’une tradition orale qu’ils auraient recueillie au manoir de La Sybillière. La mère, allant faire ses couches à La Haye le 31 mars 1596, aurait mis son enfant au monde en cours de route, dans un pré (le pré Falot) près d’Ingrandes. Elle aurait été aussitôt recueillie au manoir voisin de la Sibyllière avant de continuer sa route jusqu’à La Haye où l’enfant aurait baptisé. Ainsi Descartes serait né en Poitou.
- En 1872, les partisans de la thèse tourangelle posent une plaque sur la maison de La Haye-Descartes pour l’authentifier comme la maison natale. Leur argument repose sur l’acte de baptême établi par le curé de La Haye. Cet acte, qui se trouve dans le registre conservé au musée de Descartes, commence par “Le même jour a été baptisé René, fils de noble homme Joachim Descartes…” (“Le même jour” se réfère à l’acte précédent qui est daté du 3 avril 1596) et, en marge, on voit une mention rectificative “le 6 avril”.
- Les Poitevins croient avoir l’explication de cette rectification : le curé qui a baptisé Descartes aurait préparé l’acte pour le 3 avril mais le baptême a été retardé au dernier moment; c’est la preuve, disent les Poitevins, que Descartes n’est pas né à La Haye, mais qu’il a fallu l’y transporter quelques jours après sa naissance.
- Pour détruire cette argumentation, un partisan de la thèse tourangelle a discrètement rayé la mention marginale pour faire croire que Descartes avait été baptisé dès sa naissance; ce qui prouverait qu’il serait né à La Haye (c’est Alfred Barbier, président de la Société des antiquaires de l’Ouest, qui s’est aperçu de la falsification !)
- Finalement, La Haye-Descartes a semblé l’emporter. En 1909 la façade de la “maison natale” fut inscrite à l’Inventaire supplémentaire des monuments historiques. En 1967, La Haye-Descartes fusionna avec la commune de Balesmes et devint Descartes tout court. En 1969, la municipalité a acquis la maison et en a fait un musée, qui ouvrit en 1973.

DESCARTES JUSQU'EN 1647
Comme sa mère était morte un an après sa naissance, le jeune René Descartes passa sa petite enfance à la Haye d’abord dans les jupes de sa bonne grand-mère Jeanne Sain, puis à courir le long de la Creuse avec les enfants du village, dont le souvenir revient dans les écrits de son âge mûr.
Quand il eut huit ans accomplis (printemps de 1604), son père le mit au collège jésuite de La Flèche.
Ses vacances, il les passa d’abord (entre 1604 et 1610) chez sa grand-mère de La Haye, puis à Châtellerault chez son autre grand-mère, Claude Ferrand.
On sait peu de choses du jeune Descartes intime. Parfois seulement, un confidence rapide; par exemple celle-ci dans une lettre à son ami le diplomate Pierre Chanut (lettre du 6 juin 1647) : “Lorsque j’étais enfant, j’aimais une fille de mon âge, qui était un peu louche; au moyen de quoi, l’impression qui se faisait par la vue en mon cerveau, quand je regardais ses yeux égarés, se joignait tellement à celle qui s’y faisait aussi pour émouvoir en moi la passion de l’amour que longtemps après, en voyant des personnes louches, je me sentais plus enclin à les aimer qu’à en aimer d’autres, pour cela seul qu’elles avaient ce défaut.”
Il passa l’hiver 1612-1613 auprès de son père à Rennes; là il s’exerça à monter à cheval et à faire des armes, afin de pouvoir entrer au service du roi.
Mais, comme il était “encore bien jeune et insuffisamment robuste”, il alla à Paris, où il mena une existence quelque peu dissipée.
Puis il se décida pour le métier des armes. Pour cela, il partit aux Pays-Bas comme officier sans solde. Ainsi commençait les aventures de “ce cavalier français qui partit un jour d’un si bon pas” (le mot est de Péguy).
En 1622, à 26 ans, Descartes revint au pays pour voir son père à Rennes et pour prendre possession de sa part des biens de sa mère (le reste avait déjà été distribué à son frère Pierre et à sa soeur devenue madame de Crevis). La part de René comportait Le Perron (dont il portait le nom), la Grand’Maison et le Marchais-Blin, une maison sise à Poitiers, la métairie de la Bobinière et des terres labourables sur le territoire d’Availles en Châtelleraudais. Descartes alla aussitôt voir ses propriétés. Mais il les vendit l’année suivante, même le Perron, dont il garda pourtant le titre. Il pourra dire plus tard qu’il avait reçu “assez de biens de ses parents pour n’être à charge de personne”. Ce sont ces bonnes et solides métairies, acquises par les Descartes alliés aux familles Sain et Brochard, qui avaient permis à ces marchands et médecins de transformer leurs descendants en seigneurs, quand ils se seront élevés, avec son père Joachim, à la noblesse de robe.
Et Descartes recommença à voyager.
Il revint en Poitou en 1625. Là on lui proposa, pour seize mille écus, la charge de lieutenant général de Châtellerault. Lui, homme d’épée, hésita à entrer dans “la profession de la robe”, puis il renonça à ce projet. Mais il resta quelque temps dans la région.
Puis il reprit sa vie d’errances, en Hollande en particulier.
Son père étant mort en 1640, il vint à nouveau régler ses affaires en 1644. C’est alors qu’il vendit le Petit-Marais (commune d’Ingrandes-sur-Vienne) où l’on dit qu’il avait écrit ses Regulae ad directionem ingenii ("Règles pour la direction de l’esprit"). Son frère aîné se porta acquéreur de la maison du Carroy-Bernard, de la métairie de Beauvais et de la métairie de la Corgère, sur la commune d’Oyré (que Descartes avait héritée de sa grand-mère Ferrand).
Puis Descartes repartit en Hollande.
Il reviendra en Poitou, toujours pour régler ses affaires, en 1647. Ce sera la dernière fois…

Voici maintenant, pour faire un peu vivre l’homme Descartes, une page de son biographe Adrien Baillet :
“Ses cheveux et ses sourcils étaient assez noirs, le poil du menton un peu moins; et il commença à blanchir dès l’âge de 43 ans. Peu de temps après, il prit la perruque, mais d’une forme toute semblable à ses cheveux, et par raison de santé. Il suivait moins les modes qu’il ne s’y laissait entraîner. Il attendait qu’elles devinssent communes pour éviter la singularité. Jamais il n’était négligé, et il évitait surtout de paraître vêtu en philosophe. Lorsqu’il se retira en Hollande, il quitta l’épée pour le manteau, et la soie pour le drap.
Son régime de vivre a été fort uni en tout temps. La sobriété lui était naturelle. Il buvait peu de vin, et était quelques fois des mois entiers sans en boire du tout. Mais comme il était fort agréable et enjoué à table, sa frugalité n’était point à charge à ses compagnies. Il n’était ni délicat ni difficile sur le choix des nourritures, et il avait accoutumé son goût à tout ce qui n’est pas nuisible à la santé du corps. Sa diète ne consistait pas à manger rarement, mais à discerner la qualité des viandes. Il estimait qu’il était bon de donner une occupation continuelle à l’estomac et aux autres viscères comme on fait aux meules, mais que ce devait être avec des choses qui donnassent peu de nourriture, comme les racines et les fruits, qu’il croyait plus propres à prolonger la vie de l’homme que la chair des animaux.
Il avait observé qu’il mangeait avec plus d’avidité, et qu’il dormait plus profondément lorsqu’il était dans la tristesse ou dans quelque danger que dans tout autre état.
Il dormait beaucoup, ou du moins son réveil n’était jamais forcé; lorsqu’il se sentait parfaitement dégagé du sommeil, il étudiait en méditant couché, et ne se relevait qu’à demi-corps, par intervalle, pour écrire ses pensées. C’est ce qui le faisait souvent demeurer dix heures et quelquefois douze dans le lit. La condescendance qu’il avait pour les besoins de son corps n’allait jamais jusqu’à l’indolence. Il travaillait beaucoup et longtemps. Il aimait assez les exercices du corps, et il les prenait volontiers dans le temps de sa récréation, jusqu’à ce qu’enfin la vie sédentaire l’en désaccoutumât.” (p. 276 sq.)

LES ÉTAPES D'UN PÈLERINAGE LITTÉRAIRE "AU PAYS DE DESCARTES"
- La Sybillière (près de Saint-Urse) : logis ancien à tourelle, avec arcades au rez-de-chaussée et deux élégants piliers à l’entrée du potager. A proximité, le “pré Falot”.
- La métairie du Perron, sur la commune d’Availles-en-Châtellerault; elle a été restaurée en 1981 (plaque). Descartes, écuyer, qui tenait à sa qualité de gentilhomme, portait depuis sa naissance le titre de "sieur du Perron". Corps de bâtiment étroit limité par des pignons de pierre aux angles ornés, suivi par une aile plus spacieuse, composée d’un étage bas surmonté d’une grande terrasse couverte d’un auvent. Guérite ronde devant la vallée, avec toiture en dôme de pierre, symbolisant le rang seigneurial de la demeure. Colombier carré.
“Les bâtiments sont contigus aux terres de culture… Les logements du métayer et la gentilhommière étaient entourés de hautes murailles. On accédait aux premiers par une porte charretière et une plus petite surmontée d’un écusson lisse; on arrivait à la seconde par un chemin particulier qui devait être fermé si l’on en juge par les piliers carrés, couronnés de chapiteaux moulurés, et décorés d’une énorme pomme de pin, qui sont encore à l’entrée. La maison d’habitation comporte une chambre basse et une cuisine. A gauche de la façade existe une sorte de perron, qui donne à cette maison son cachet particulier, d’où part un escalier tournant qui aboutit à une galerie de bois desservant le premier étage. Celui-ci se compose d’une vaste chambre munie de deux portes en chêne et d’une autre petite pièce au niveau inférieur. Ces deux chambres sont éclairées par de petites fenêtres garnies de barreaux de fer… Sur le haut de la façade, une date : 1636.” (abbé Longer)
- La maison de la famille paternelle à Châtellerault, au Carroy-Bernard (126 rue de Bourbon). Elle a été construite pour Pierre Rasseteau; puis passée par mariage au médecin Jean Ferrand; puis, toujours par mariage, aux grands-parents du philosophe (le médecin Pierre Descartes et son épouse Claude Ferrand); enfin à ses parents, Joachim Descartes, conseiller au parlement de Bretagne, et Jeanne Brochard. C’est une belle maison de la Renaissance à deux pignons; avec, dans la cour, les armes des Ferrand, famille de la grand-mère de René Descartes.
- La maison des grands-parents maternels à Descartes. La maison est des XVe-XVIe siècles. Elle comportait deux corps de logis en équerre; la partie droite a disparu. Le portail charretier est moderne. Le pignon (avec ses fenêtres en accolade) et l'aile gauche (avec le toit de tuiles de Bourgogne et les lucarnes) sont d'origine. Dans cette maison est née et morte la mère de Descartes, Jeanne Brochard. René Descartes y a passé ses premier jours et sans doute y est souvent revenu dans son enfance, en particulier pendant les vacances entre 8 ans et 14 ans.
- Au Musée :
- Fragment de la pierre tombale du grand-père.
- Plaque du pré Falot : "La Ville de Châtellerault et l’Association Amicale des Anciens Elèves de son collège et de son école primaire supérieure, à la mémoire de René DESCARTES, mathématicien, physicien, philosophe (1596-1650). Le 31 mars 1596, Madame J. Descartes née Brochard et, comme son mari, Joachim Descartes (conseiller au Parlement de Bretagne) d’origine Châtelleraudaise, se rendant chez sa grand’mère maternelle, Madame Sain, à La Haye pour y faire ses couches, mit au monde en ce lieu nommé le Pré Falot le grand René Descartes. La mère et l’enfant, transportés à la Sibyllière, y reçurent l’hospitalité jusqu’à leur transport à La Haye où le baptême eut lieu le 6 avril.”
- Le registre paroissial portant, de la main de l’abbé Grisont, mention du baptême : "Le même jour (3 avril) a esté baptisé René, fils de noble homme Joachyn Descartes, conseller du roy en son parlement de Bretagne et de damoiselle Jeanne Brochard. Ses parrins noble Michel Ferrand, conselleller du roy et lieutenant général à Chastellerau, et noble René Brochard, conseller du roy, juge magistrat à Potyer, et dame Jeanne Proust, femme de Monssr Sain, controlleur des tailles pour le roy à Chastellerau Signé: Ferrand (grand-oncle), René Brochard (oncle), Jeanne Proust (grand-tante)" [addition marginale ; 6 avril, d’une autre écriture]
- On y voit aussi mention de la mort de sa mère, Jeanne Brochard, le 13 mai 1597.
- La date de naissance de Descartes est donnée par une gravure mise par François Schooten dans une traduction en latin de la géométrie de Descartes (“Perronii toparcha, natus ultime die Martii 1596”); Descartes aurait voulu que cette date ne fût pas portée à la connaissance du public, car, selon Baillet, il craignait “les faiseurs d’horoscope”.
- Un exemplaire des Méditations métaphysiques de 1661 aux armes de France.
- Une inscription tirée d’une lettre à Chanut: “Homme né dans les jardins de Touraine”…
- Moulage du crâne de Descartes. Descartes fut inhumé à Stockholm en 1650. Dix-sept ans après sa mort, ses cendres et ses os furent transférés en France et placés à Sainte-Geneviève-du-Mont. Après le service religieux, dit Baillet, on donna “un très somptueux et magnifique repas”. Aujourd’hui les cendres de Descartes se trouvent depuis 1819 à l’église Saint-Germain-des-Prés. Mais en 1821, à Stockholm, on mit en vente un crâne présenté comme celui de Descartes, avec inscription en latin sur l’os frontal. On expliquait qu’un officier des gardes suédois, lors de l’ouverture de la sépulture, avait substitué au crâne du grand homme le crâne d’un anonyme. La France se porta acquéreur pour 37 francs: en effet, la forme du crâne semblait bien correspondre à la tête du Descartes peint par Franz Hals. Depuis, il a été déposé au Musée de l’Homme et on en a pris des moulages.
- Plaques commémorant la visite de ministres.
- Un buste de Marmontel (?) envoyé en 1802 par le ministre Chaptal comme étant un buste de Descartes.
- À La Haye-Descartes, on voit aussi l’église Saint-Georges (XIe-XIIe s.) où Descartes fut baptisé le 3 ou 6 avril 1596 et, sur la place, une statue de Descartes par le comte de Nieuwerkerque, futur surintendant des Beaux-Arts de Napoléon III, amant de la princesse Mathilde (1849).

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