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Jeudi 9 novembre 2017

MAX JACOB ET LE CORNET À DÉS

conférence par Patricia SUSTRAC,
présidente des Amis de MAX JACOB,
doctorante à l'Université de Toulouse Jean Jaurès,
Directrice de publication des Cahiers Max Jacob


Association orléanaise Guillaume-Budé

Alors que la guerre de 14 semble devoir durer, Max Jacob choisit parmi un millier d'anciens manuscrits « 300 poèmes chéris [qu'il a copiés] pour qu'ils soient publiés [s'il] meur[t] » (à Kahnweiler, 22 septembre). La publication de ce Cornet à dés va s'avérer délicate et le recueil paraîtra finalement en novembre 1917 à compte d'auteur. Jacob y adjoindra deux préfaces : la première antidatée de 1906 pour contrer l'antériorité de la parution de Poèmes en prose de Reverdy en octobre 1915 ; la seconde, datée de 1916, est considérée, aujourd'hui comme hier, comme l'esthétique d'une refondation du poème en prose.

Détournant les genres poétiques pour privilégier un recours à la parodie ou au pastiche, Le Cornet à Dés a souvent dérouté par son anti-conformisrne, ses décalages soudains, ses paradoxes, son onirisme ; mais un ordre rigoureux gouverne une apparente discontinuité. Si le poète s'en remet au hasard – ce que le titre laisserait suggérer – il transcrit plutôt un réel ouvert à ses jeux internes, ses tensions, et à ses multiples contradictions. Le poème, pour Jacob, doit éloigner du connu pour créer « un nouveau noyau dans l'univers» (préface, Cornet).

Chef d'œuvre de Max Jacob, ce recueil confirmera et amplifiera sa position de Magister dans la République des Lettres ; de nombreux jeunes poètes viendront à lui comme à un maître, grâce à ce livre singulier emblématique de l'Esprit nouveau.

À l'occasion du centenaire de sa parution, une rencontre autour de fameux cornet conjuguera méthodes et questionnements pour aborder ce livre-monde dans ses multiples aspects historiques et théoriques.