Le samedi 5 juin a été réservé à la sortie littéraire :
Trois lieux de mémoire dans les Yvelines
(Port-Royal, le désert de Retz, Groussay)
sous la conduite de Jean NIVET avec la participation de Geneviève DADOU et Marie-Hélène VIVIANI
Le groupe d’un cinquantaine de fervents budistes partis de bonne heure sous un beau soleil, après un arrêt aux Vaux de Cernay, lieu agreste cher à Marcelle Tinayre (romancière un peu oubliée) et aux peintres qui avaient pour quartier général l’auberge “Chez Léopold”, après la montée laborieuse des “17 tournants”, a atteint les Granges de Port-Royal, d’où l’on domine le site de l’abbaye rasée en 1709. Face à cette vue superbe Jean Nivet a rappelé l’histoire de la Mère Angélique, des Messieurs de Port-Royal, du jansénisme et de la persécution finale de Louis XIV. Ce fut ensuite la visite des Petites Écoles, transformées en musée, encore remplies du souvenir de Racine et de ses illustres maîtres, sans parler des peintures de Philippe de Champaigne. Après un passage obligé dans la cour de la ferme attenante, où trône le fameux puits de Pascal, après un stage aussi nécessaire qu’agréable au Relais de Voisins-le-Bretonneux, nous avons gagné le Désert de Retz sur la commune de Chambourcy, en bordure de la forêt de Marly.
Ce domaine, aménagé au XVIII° siècle par un original fortuné et “voluptueux”, M. de Monville, qui y habitait dans une colonne tronquée, entourée d’une vingtaine de fabriques à la mode (comme à Méréville, autre site inspiré par Hubert Robert) au milieu d’un parc de 40 hectares planté d’essences rares que Benjamin Franklin vint admirer en 1776. Le domaine fut délaissé dès le XIX° siècle, les fabriques délabrées, le parc retourné à l’état de jungle, et, malgré les efforts de la municipalité qui l’a racheté récemment, nous avons été quelque peu déçus par ce lieu mythique qui avait enchanté les Surréalistes.
Fort heureusement une autre “folie”, dans un beau parc, avec des fabriques toute pimpantes, nous a ravis : le château de Groussay, aux lisières de Montfort l’Amaury, création des années 50 d’un autre original, le richissime dandy Charles de Beistegui, qui y recevait (ainsi que dans son palais vénitien) le Tout-Paris, au cours de fêtes mémorables. La promenade dans le parc d’abord au potager digne de Villandry , ensuite parmi les fabriques éclectiques : tente mongole, pont vénitien, cénotaphe romain, pagode chinoise, et enfin la visite de ce bijou: un délicieux petit théâtre à l’italienne à l’impeccable acoustique (superbement testée par un budiste de talent) ont clos cette belle journée où nous sommes passés du désert fait pour le recueillement et l’austérité aux déserts inspirés par un hédonisme aristocratique…
Les secrétaires : Gérard LAUVERGEON et André LINGOIS
Plus de précisions dans l'article de la rubrique "excursions littéraires".
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