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Pourquoi la Hongrie est-elle une singularité dans l’histoire européenne ?
D’abord par sa langue, le magyar, ni latine, ni germanique, ni slave, donc non indo-européenne, une singularité partagée avec l’Estonie et la Finlande. Singulière aussi l’histoire de ce peuple hongrois depuis son installation dans le bassin pannonien, une migration en bloc et rapide, jusqu’à être l’élément dominant d’un vaste État multi-ethnique au Moyen Âge. Singularité de la Nation hongroise, toujours prompte à se révolter contre la domination étrangère, qu’elle soit habsbourgeoise ou soviétique, depuis les soulèvements contre l’Empereur pendant la guerre de Trente ans, la guerre d’Indépendance de François II Rakoczi (celui de l’Hôtel de Transylvanie de Manon Lescaut), le combat de Kossuth en 1848-49, jusqu’à la révolution de 1956. Mais parallèlement, un État de la chrétienté latine dès l’an mil, totalement intégré à l’histoire de l’Europe occidentale ne serait-ce que par ses rois angevins du XIVe siècle, ayant connu une Renaissance précoce, une réforme calviniste qui est encore une composante de l’identité nationale, une évolution parlementaire qui se voulut “à l’anglaise”, tous traits qui vont à l’encontre de nos frontières mentales posant l’altérité d’une Europe de l’Est, largement construite. Enfin, singularité de la Hongrie actuelle, un État qui perdit en 1919-1920 les 2/3 de son territoire et un peuple dont 1/5 au moins vit en dehors des frontières nationales.

Bibliographie
Quatre articles dans des revues françaises et en français :
- ”Lumières, franc-maçonnerie et politique dans les États des Habsbourg. Les correspondants du comte Fekete”, Dix-Huitième Siècle, 1980, n°12, p. 327-390.
- ”Un Aufklärer hongrois dans tous ses états : le comte Jozsef Teleki (1738-1796)”, Études danubiennes, t. V, n°1, 1er semestre 1989, p. 1-22.
- ”L’Europe centrale et le cas hongrois”, L’État moderne : le droit, l’espace et les formes de l’État. Actes du colloque tenu à la Baume-Les-Aix, 11-12 octobre 1984, Noël Coulet et Jean-Philippe Genet dir., Paris, Ed. du CNRS, 1990, p. 189-207.
- ”La noblesse hongroise à la fin des années 1780”, Lumières, n°9, Échecs et réussites du joséphisme, 1er semestre 2007, p. 107-119.

Ouvrages de Claude Michaud à la médiathèque d'Orléans
- L'Église et l'argent sous l'Ancien régime : les receveurs généraux du clergé de France aux XVIe et XVIIe siècles, 804 p. Fayard, 1991 [P56549]
- L'Europe de Louis XIV, 256 p., 1973 [P27866.114]
- L'Intendance d'Orléans à la fin du XVIIe siècle : édition critique du mémoire "pour l'instruction du duc de Bourgogne" [Michel-André Jubert de Bouville] ; éd. critique par Jean Boissière et Claude Michaud, 436 p., 1990 [H17222]
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