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Comme à l’accoutumée, la séance de rentrée de la section orléanaise de l’Association Guillaume-Budé du jeudi 25 septembre 2008 a débuté par le rapport d’activité présenté par le Président Alain MALISSARD, qui a rappelé les manifestations de la saison écoulée placée sous le signe de l’Antiquité, “une saison caractérisée par deux séances originales (“la musique grecque antique” par François CAM, et le peplum romain projeté aux Carmes commenté par Michel ETCHEVERRY) et deux sorties théâtrales à Paris (la “Phèdre” de Sénèque et “l’Orestie” d’Eschyle vue par Olivier Py). Après le commentaire du programme de la Saison 2008/09, où le grand voyage prévu (après la Libye et la Grèce du Nord) sera le vingtième ! , M. Malissard a annoncé la Journée du 9 octobre prochain (de 13h30 à 19h à l’amphi Jean Zay de la Fac de Lettres) sur le thème : ANTIQUITÉ MATRICE DES ARTS avec la participation entre autres, de Emilia Ndiaye, Claude Aziza, François Cam, Franck Collin, journée qui se terminera par une représentation théâtrale de la Compagnie Démodokos. Il a ensuite laissé un court instant la parole au dévoué trésorier Pierre NAVIER qui a présenté le compte rendu financier (à ce sujet , en juin dernier, le Bureau avait décidé, devant l’augmentation générale des coûts, de relever le prix des cotisations et des entrées, inchangés depuis 2002), avant de reprendre le micro pour commenter la
Promenade en images à LEPCIS MAGNA
Ces images ont été prises lors du Voyage en “Lybie antique” l’an dernier, du 26 octobre au 6 novembre, la visite à Lepcis Magna se situant l’avant-dernier jour. (L’orthographe Lepcis est conforme à l’épigraphie ; ce qui permet aussi de distinguer ce site d’un Leptis Magna en Tunisie)
Alain Malissard a rappelé brièvement l’histoire de cette cité de Tripolitaine, au départ colonie phénicienne, puis, à partir du VIIIe siècle avant notre ère, habitée par des Puniques venus commercer avec un arrière-pays fertile. Lepcis la Carthaginoise après Zama (en 202) va peu à peu se romaniser : à l’avènement d’Auguste, elle fait partie de la province romaine d’Africa nova et en 100 reçoit le statut de colonie romaine. En 193, Septime Sévère, né à à Lepcis en 146, devient empereur et va faire de sa ville natale un modèle d’urbanisme.
À partir du IIIe siècle, ce sera le déclin, rendu encore plus sensible par trois tremblements de terre successifs ; Lepcis disparaîtra vite, dévastée d’abord par les Vandales, puis engloutie sous les sables ; elle ne resurgira qu’à partir de 1920, avec la complicité industrieuse des archéologues italiens et sous l’impulsion du Duce.
L’assistance, déjà conquise dès les premières vues du majestueux tétrapyle, hautement symbolique, dont la décoration de marbre reste encore somptueuse, n’a eu qu’à se laisser guider dans les rues et places de la cité dominant une mer d’un bleu sans tache.
Nous avons suivi un court instant la longue rue pavée le decumanus qui aboutit à un autre arc de triomphe consacré à Trajan, avant de tourner, en direction de l’est, en suivant ces curieux “phallus à pattes” sculptés sur les murs (qui servaient de poteaux indicateurs avec une fonction apotropaïque) pour découvrir d’abord les Thermes monumentaux d'Hadrien avec un frigidarium parfaitement conservé et un peu plus loin, près de la palestre, les nymphées se faisant face ; le plus grand est orné de frontons et d’architraves extrêmement travaillés. De là nous avons pu pénétrer dans l’immense forum sévérien de 6 000 mètres carrés, avec des portiques à arcades, une basilique monumentale réplique du Forum de Trajan à Rome. Ce n’est pas seulement la majesté de l’ensemble qui correspond à la “dignitas forensis” voulue par Lucius Septimius Severus, mais les détails des sculptures, comme les médaillons des portiques représentant des Néréides et des têtes de Méduse, ou ces chapiteaux composites dits “pergaméens” qui entraînent l’admiration du visiteur.
La promenade s’est poursuivie, d’abord par le Vieux Forum, puis par le marché, construit à l’aube de notre ère par un notable, Annobal Rufus, unissant à son patronyme punique un nom bien romain : deux bâtiments hexagonaux, à colonnades entourant un étal circulaire, le tout d’un étonnant raffinement pour un ouvrage utilitaire ; la découverte archéologique sans doute la plus remarquable pièce unique ! a été une table de mesure avec l’équivalence des systèmes punique/grec /romain.
Le même Annobal Rufus a fait édifier non loin de là un théâtre (c’était le premier construit en Afrique) : il est sans doute aujourd’hui moins impressionnant que celui de Sabratha, puisqu’il n’a plus son mur de scène, mais conserve en revanche un élément rare : le portique d’entrée. Quant à l’amphithéâtre, de type néronien, qui pouvait contenir 16 000 places, il est situé à l’extérieur de la cité, tout au bord de la mer et non loin du port ; il présente la particularité d’être creusé dans la colline même.
La dernière image était celle d’une belle colonne de cipollin couchée dans le sol, près de la grève, abandonnée par le “vandale” (en réalité vendue par les Ottomans occupant alors la Libye) qui n’était autre que Claude Lemoine, consul de France agissant pour le compte de Louis XIV aux fins de l’embellissement de Versailles. Alain Malissard a ajouté in fine que c’était là ”le symbole d’une ville qui, à son apogée a rivalisé avec Rome, a été sauvée des sables après avoir été pillée, mais dont la grandeur subsiste encore.”
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